Traditions populaires en Charente-Maritime


Goulebenéze

Le patois saintongeais

Bonjour - Bén le bunjhour !

Le patois saintongeais, appelé aussi patois charentais fait partie des langues d'oïl. Associé au poitevin au sein d'un groupe poitevin-saintongeais, il a été reconnu Langue de France autonome entre 2007 et 2010. Le saintongeais a fortement influencé l’acadien et en conséquence, par « ricochet », le cadien, quant au québécois, il a été influencé par les parlers tels que le normand, le francien et le poitevin. Les principales figures de ce patois charentais sont : Goulebenéze, Odette Commandon, le Grand Simounet, Birolut et bien sûr Piqthiu, animateur radio et chroniqueur culinaire sur France Bleu La Rochelle. En patois : le " h " entre les lettres " g "et " j " exprime l'accent charentais qui se traduit par une profonde expiration. Le " th" traduit la lettre " c ". Il se prononce " chieu ". Voir les expressions ci-contre.


charentaise

Les Charentaises

Elles ont conquis le monde entier.

Inventées sous Louis XIV à partir des chutes de feutres qu’on utilisait dans l’industrie du papier, les charentaises connaissent aujourd’hui un succès grandissant, défiant les siècles. Elles sont nées dans le département voisin la Charente, où était principalement implantée l’industrie papetière. Au début, les chutes de feutres servaient à la fabrication des petits chaussons à glisser dans les sabots, utilisés à la campagne. En Charente- Maritime, on appelait ces petits chaussons, souples et extra-plats, des « sabarons ». C’est ensuite un cordonnier de La Rochefoucauld qui pensa à poser une semelle sous le chausson pour en faire une vraie pantoufle, moins fatigante et plus épaisse que la première version. Elles étaient baptisées « silencieuses » au temps des rois car les valets se déplaçaient avec sans faire de bruit et surtout, sans déranger leur maître ! Une noble mission pour notre savate de luxe…
Aujourd’hui, particulièrement confortables et chaudes, les charentaises s’exportent dans le monde entier et de très nombreuses personnalités les ont adoptées.
La véritable charentaise, sous sa forme connue et définitive, n’est apparue qu’en 1907. A Chasseneuil-sur-Bonnieure (10 kms de La Rochefoucauld), existe encore l’usine du Docteur Jeva qui la propulsa dans le commerce. C’est lui qui inventa le collage du feutre et sortit des versions aux couleurs chatoyantes à décors écossais. Au château de Varaignes en Dordogne, existe l'Atelier-Musée des Tisserands et de la charentaise.
Anecdote :
Le Général de Gaulle était un adepte de la Charentaise, Laurent Fabius l’est encore de même que Bruno Masure.


La bujhée

La bujhée

La lessive une ou deux fois l'an

Autrefois, la lessive (ou « bujhée » en Saintonge) n’avait lieu qu’une ou deux fois par an. On la faisait dans d’énormes cuves de terre cuite, appelées « bujhours », percées d’un trou muni d’une « chenelle » en bambou creux pour l’écoulement de l’eau. Cette tradition dura jusqu’à la fin de la 2ème Guerre Mondiale en certains milieux ruraux. Cela durait en général trois jours et rassemblait tous les gros morceaux de linge blanc d’une même famille, le linge de couleur ou fin étant nettoyé chaque semaine par la maîtresse de maison, à la brosse ou à la main, selon les cas. La « bujhée » comprenait : les draps et autres grosses toiles de lin, torchons, chemises… Ils avaient cependant été « prélavés » grossièrement, rincés, séchés et soigneusement pliés dans les armoires en attendant le jour de la grande lessive.
Quand arrivait la fameuse date, on rassemblait toutes les femmes de la maisonnée (en même temps que celles du voisinage) et on préparait du bois sec pour chauffer l’eau, les cendres de bois (chêne, frêne ou sarments de vigne), et les récipients nécessaires ainsi que des tréteaux pour égoutter le linge. A l’intérieur du « bujhour », on recouvrait le départ de la chenelle par une tuile ronde qui facilitait l’écoulement de l’eau vers une « poëlonne », grand récipient où devait bouillir l’eau (le 2ème jour) sous l’effet du feu de bois sans cesse alimenté. Au fond du « bujhour » était étalé un vieux drap recouvert d’un sac de toile rempli des cendres de bois riches en potasse, sur lequel on disposait le linge. Le 2ème jour, on allumait donc le feu sous la « poëlonne » jusqu’à ébullition de l’eau. Commençait alors un grand ballet qui consistait à transporter l’eau au-dessus du linge avec un pot de cuivre muni d’un long manche de bois, et à l’arroser peu à peu. L’eau traversait doucement le linge et les cendres chargées de potasse (qui blanchissait le linge), puis s’écoulait par la chenelle jusque dans la « poëlonne » où elle se réchauffait à nouveau. Cette manoeuvre durait toute la journée qui était longue… Cette eau « recyclée » s’appelait le « lessis ». Pas de gaspillage hormis l’évaporation naturelle !
Le 3ème jour, le linge était sorti du « bujhour » avant d’être posé sur des tréteaux puis chargé sur des brouettes jusqu’au lavoir où il subissait un rinçage à l’eau froide tandis que les langues de ces dames pouvaient claquer avec entrain ! Sortis du lavoir, on tordait les grands morceaux à deux puis on les étendait sur l’herbe tendre ou sur des cordes tendues selon les habitudes. Chaque campagne avait ses coutumes particulières. Le « bujhour » était parfois remplacé par une « ponne » de pierre ou une cuve de bois de dimensions variables, mais qu’importe, on faisait toujours… la « bujhée » !


kichenotte

La kichenotte

Coiffe traditionnelle habituellement portée sur les îles charentaises

Cette coiffe se portait principalement sur les îles charentaises. Ce mot proviendrait de l'anglais "kiss me not", "ne m'embrassez pas" et daterait de l'occupation anglaise pendant la Guerre de Cent Ans. Les filles du pays repoussaient l'ennemi à leur manière et auraient imaginé cette coiffe très enveloppante qui ne permettait aucune fantaisie.
Elle devint vite très pratique et indispensable pour lutter contre les vents violents du littoral. Par la suite, on y ajouta de la dentelle piquée et on oublia les tissus rigides du début qui furent remplacés par des cotonnades fleuries ou à petits carreaux.


Faire godaille

Faire godaille

Faire godaille ou chabrot signifie mélanger du vin à son reste de soupe : dans le fond de l’assiette où restent quelques cuillerées de bouillon gras, verser une bonne rasade de vin rouge et avaler le tout en portant aux lèvres le bord de l’assiette. Elle vient du verbe godailler qui veut dire boire.

 


Expressions charentaises

  • âcries : vieilles choses en général
  • asteur : littéralement à cette heure
  • bassiot : panier de bois pour recueillir les raisins coupés
  • batisaille : baptême
  • beunaise : bien à l'aise
  • bourre-coquin : gâteau fait de farine, levain, eau, sel, un peu de graisse de porc, quelquefois des oeufs, pour remplir le ventre de ceux qui avaient toujours faim, surtout les dimanches et les jours de fêtes.
  • buffer : souffler
  • cagouillard : charentais
  • chancre : crabe
  • chétit : méchant
  • chrétien : humain
  • drôle : enfant
  • drôlesse : petite fille
  • grâler : griller
  • goule : bouche, visage
  • guignelle : espèce de bigorneau
  • In, ine : un, une
  • jhaser : s'amuser
  • lambinou : mollasson
  • lucher : lécher
  • lumâ : escargot
  • minme : même
  • palisse : haie
  • peur : pour
  • peuter : casser
  • quéreu : endroit généralement vide de construction entre plusieurs maisons et appartenant à plusieurs propriétaires. Ici, comme bien souvent, c'est un espace vide, ni cour, ni jardin, à l'intérieur de l'enceinte de la ferme, vide de toute culture où s'en donnent à cœur joie les herbes folles.
  • queuneutre : connaître
  • super : sucer
  • teurtous : tous

Vieux dictons du terroir (en août)

    Mois d’août pluvieux rend le cep vineux
    Chaleur d’août c’est du bien partout
    En juillet comme en août ni femmes ni choux
    Temps trop beau en août annonce hiver en courroux
    Jamais d’août la sécheresse n’amènera la richesse
    Qui veut avoir du bon moût laboure sa vigne en août
    Pour Saint Laurent tout fruit est bon pour les dents
    S’il pleut pour l’Assomption (le 15) tout va en perdition
    Les nuits d’août trompent les sages et les fous
    C’est le mois d’août qui donne bon goût
    Pluie de la Saint Barthélémy (le 24) tout le monde en fait fi
    Si la lune de Saint Louis (le 25) se fait en beau sois réjoui
    Quand il pleut en août les truffes sont au bout
    Fine pluie à Saint Augustin (le 28) c’est comme s’il pleuvait du vin
    Tonnerre au mois d’août grosses grappes et bon moût
    Quand août n’est pas pluvieux septembre est souvent radieux.